UN HOMME EST MORT

CRÉATION - ÉTÉ 2025

"Tu vois ce mur ? c’est moi qui l’ai monté… mais je bouffe pas du sable, ni de la pierre ! et si les patrons veulent que ce mur grandisse et ben ils vont me donner du pain et du lait pour que mes gosses, ils grandissent aussi ! Ce mur, il grandira avec moi dessus ou il grandira pas !"


Le point de départ est la BD documentaire d'Etienne Davodeau et Kris, Un homme est mort, sortie en 2006. 
Nous sommes en 1950 à Brest. La ville n'est alors qu'un champ de ruines et des milliers d'ouvriers oeuvrent à sa reconstruction dans des conditions de travail et de misère déplorables. Alors la grève éclate. Le 17 avril 1950, une manifestation particulièrement violente oppose les ouvriers aux forces de l'ordre. Les policiers tirent sur la foule. Un homme s'écroule, tué d'une balle en pleine tête.
 Nous suivons alors le cinéaste René Vautier qui décide de couvrir ces évènements, de réaliser un documentaire avec les moyens du bord et de diffuser son film en le projetant sur la bâche d'un camion, allant ainsi à la rencontre des humains sur tous les piquets de grève.
 Ses images sont accompagnées du poème de Paul Éluard, Gabriel Péri.
Aujourd'hui il ne reste rien du film d'époque, seulement la mémoire.
Nous aimerions passer de la salle à la rue avec cette création.
 Nous aimerions en faire un spectacle «coup de poing», un spectacle d'une quarantaine de minutes en tout. 
 Un BD-récit-concert. 
 Sur le même principe que René, Désiré et Ti'zef, personnages de l'histoire, on aimerait se servir de notre camion. 
 Arriver, donner des lampes torches au public pour nous éclairer, faire monter un musicien sur le toit, ouvrir les portes arrière et projeter sur l'écran tendu des images de la BD en jouant autour du camion, tout refermer puis partir de la même façon que l'on est arrivés. 
Cette histoire est belle et émouvante et nous sommes convaincus toustes les trois qu'elle serait superbe en adaptation scénique. L'adapter à la manière de, l’idée de se servir d'un camion tout comme les protagonistes nous est apparue très vite, tout comme le fait de sortir des salles et de nos habitudes pour aller dire à l’extérieur, là où se trouve la vie, là où se trouve le nombre. 
De plus, cette histoire trouve malheureusement toujours écho dans les manifestations d'aujourd'hui et la répression d'État sur les populations, qui par le biais de son bras armé de toujours, sa police, brutale, violente et en impunité quasi totale, fait régner son ordre de marche. Sur tous les fronts, qu'ils soient sociaux ou écologiques. Que se soit dans un champs pour défendre un trou de terre, dans une cité ou dans des entreprises privées en grève… Aujourd'hui encore ce bras armé s'abat sans aucun discernement, comme il le faisait déjà en 1950 ou bien avant même, et toujours dans l'intérêt de quelques puissants. Mais surtout pas pour celui du plus grand nombre, de celles et ceux qui font société, le peuple.  
Il est aussi question de l'art comme outil politique, qui pousse à questionner, qui donne à voir, qui rassemble. On parle de la force des images, de la puissance fédératrice qui émerge quand des êtres humains se réunissent l'espace d'un instant autour d'une œuvre.